Dr. Catharina Söderström
Migros magazine, 23 octobre 2006
La vétérinaire et son cabinet vétérinaire ambulant


Photos David Prêtre
PRESSE
Reportage
A bord d’un cabinet vétérinaire ambulant
Au volant de sa véto-mobile, la Vaudoise Catharina Söderström s’en va soigner les animaux de compagnie malades. Une idée originale au succès grandissant.
Un local fermé aux irritants effluves, des Paris-Match datant au mieux de 2003, un frêle ficus qui prend la poussière. Par chance, cette vision de salle d’attente du cabinet vétérinaire type ne correspond plus à la réalité. Pour autant que Catharina Söderström s’occupe de votre chat, chien ou autre animal de compagnie.
Depuis près de 10 ans, la vétérinaire de Saint-Sulpice (VD) sillonne les campagnes vaudoise et genevoise avec sa véto-mobile, un véhicule utilitaire transformé en cabinet-salle d’opération. A l’intérieur, les armoires regorgent de médicaments, le réfrigérateur conserve à bonne température les vaccins et échantillons prélevés de la journée et la table pivotante est utilisée pour les interventions chirurgicales. La drôle de camionnette n’een est pozrtant pas une ambulance : « Même si je suis de garde et dois parfois répondre à des urgences, je n’ai pas le droit d’utiliser des gyrophares. Le service des automobiles me l’a interdit », explique cette mère qui élève seule ses deux enfants.
Eviter le stress aux animaux
« Vous verrez, ma clientèle est très variée, avertit Catharina Söderström en mettant en marche son Sprinter Mercedes, je me rends à la fois chez des gens aisés - pilote de formule 1, grands avocats qui n’ont pas le temps de se déplacer et des personnes plus modestes qui n’ont pas de véhicule. J’apprécie cette diversité. » Ainsi la vétérinaire exploite, avec succès, une niche que ses collègues avaient négligée. Conséquence : son agenda est plus que rempli.
Sur la route menant à Gilly (VD), la véto explique : » Les animaux sont beaucoup plus détendus lorsque la consultation se déroule à la maison. Le stress dû à la visite au cabinet cache souvent les symptômes. »
Arrivée sur le lieux du rendez-vous, un modeste appartement du village vigneron, Catharina Söderström s’inquiète de l’état de santé d’Aladin, Arista et Einstein, les trois chats qu’elle doit vacciner contre la leucose et le typhus-coryza. Pas le moins du monde effarouchés, les félins attendent patiemment leur tour. Un moins de temps qu’il ne faut pour le dire, les minous ont reçu leur injection. Il ne reste plus à la vétérinaire qu’à sortir son ordinateur portable pour mettre à jour ses dossiers. Le paiement se fera également sur place, en liquide ou par carte de crédit.
Après avoir réglé le GPS, nous partons pour Trélex (VD). »J’aime ce moment entre deux patients. Cela me permet de réfléchir aux solutions que j’ai proposée et de préparer la prochaine visite. »
Changement de décor : nous voici devant l’imposant portail d’une grande propriété. Ici, c’est le majordome qui nous ouvre. Catharina Söderström vient vérifier la cicatrice d’un labrador qu’elle a castré récemment. »L’opération s’est déroulée dans la véto-mobile. Pour ne pas le stressé, je l’ai endormi dans le salon et ensuite transporté dans le véhicule. Après l’opération, je l’ai ramené à la maison et attendu qu’il se réveille. » Du coup, le rythme de ses consultations est plus lent que celui de ses confrères. « Dans un cabinet, un vétérinaire prendrait un autre patient en attendant le réveil de l’animal. Je ne peux pas faire ça. J’ai opté pour les visites à domicile afin de privilégier le contact. Enchaîner rendez-vous sur rendez-vous ne m’intéresse pas. »
Grand soin pour petit chat
Il est tout de même temps de se rendre à Founex. Un mainate nous y attend. Indisposé depuis six semaines. L’oiseau est trop faible pour être transporté. Il ne supporterais pas les courants d’air.
Après quelques observations,Catharina Söderström prélève un échantillon des fientes de l’oiseau. »Il souffre peut-être d’une infection fongique ou bactérienne. Le résultat du laboratoire nous en dira plus. »
De retour à la maison, la matinée n’est pas tout à fait terminée pour Catharina Söderström. Elle doit encore s’occuper d’un de ses six petits protégés : des chats du Bengale de quatre semaines. Un des chatons s’est cassé une patte. Après avoir radiographié le membre, la vétérinaire a dû concevoir une attelle sur mesure. En contrôlant le pansement, elle respire. Le petit chat est sur la voie de la guérison. Avec Catharina Söderström, tous les animaux sont entre de bonnes mains.
Pierre Wuthrich
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